Dimanche 11 novembre 2007
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21:19
Après quelques jours de repos sportif pour ma part et deux semaines d'entraînement à la Valmasque pour mes habituels compagnons, nous retrouvons l'Esterel.
Gérard ayant des obligations pour le dimanche 11 novembre, peut être une petite commémoration avec apéro et cahuètes, nous décidons de profiter de ce beau et encore chaud samedi après
midi. Depuis quelques temps, Daniel semblait s'inquiéter pour son palpitant, certainement l'approche de la cinquantaine qui le titille un peu. Il est vrai qu'il a eu cette année quelques
défaillances assez brutales que nous mettions volontiers sur une mauvaise préparation ou une alimentation mal appropriée. Pour cette sortie, je lui prête mon ancien Polar, pour qu'il ait une
idée plus précise de son rythme cardiaque. Même si nous faisons régulièrement du sport, les gros pépins physiques n'arrivent pas toujours qu'aux autres et il est bon de se tester de
temps à autre pour mieux se connaître.
Nous partons pour une des plus longues montées du coin, la piste des Oeufs de Boucs. D'une longueur de 5200m et d'un dénivelé de 350m, elle commence tranquillement par quelques centaines de
mètres sur route avant d'attaquer un chemin large avec, par endroits, de beaux pourcentages. Daniel, comme rassuré par les battements réguliers de son coeur part comme un boulet dès les
premières difficultés. Même Gérard et Cyril ont du mal à le suivre. Je ne parle même pas de moi, avec mon moteur diesel je suis rapidement larguer. Ce coup de folie durera une bonne vingtaine de
minutes, avant que commence à se faire sentir les premiers soubresauts d'une nouvelle défaillance. Après s'être arrété pour nous attendre, il reprend son ascension dans ma roue, sur un
rythme plus tranquille, mais le mal est déjà fait, son souffle, dans mon dos, devient bruyant et irrégulier et les brutales accentuations du terrain lui sont fatales. Même si son
coeur bat entre 15 et 20 pulsations de moins que le mien aux mêmes endroits, ses jambes ont déjà brulé leur carburant et la panne sèche est dès lors irrémédiable. Pour la première fois
depuis nous pratiquons cet itinéraire, il est obligé de s'arréter avant le sommet pour reprendre ses esprits et s'alimenter un peu. La seule satisfaction qu'il peut retenir de cette
mésaventure est que le coeur n'y est pour rien, au contraire son rythme est plus que correct et sa récupération rapide.
nous descendons vers le col de la Cadière et plongeons vers le lac de l'écureuil pour réaliser mon objectif du jour. Au bas du Ravin de la Cadière se trouve un petit passage
rocheux qui, tel un petit village gaulois, nous résiste depuis des années, aucun d'entre nous n'ayant eu le courage de l'affronter. Aujourd'hui, c'est certain, il m'appartiendra. Je fais
part de mes intentions à Gérard et à Cyril, qui partent devant pour me retenir en cas de chute, je me concentre et attaque les quelques minutes qui précède mon but en ne pensant qu'au
trou qui va bientôt engloutir ma roue avant. Je ne saurais pas dire ce qui fût le plus jouissif, cette petite descente solitaire, plus concentré que de coutûme, cette rapide montée
d'adrénaline à l'attaque du rocher, le regard dubitatif de mes amis après mon passage ou le sentiment d'avoir repoussé encore un peu mes limites. Ces quelques
minutes resteront longtemps gravées dans ma mémoire.
Après ce petit intermède ludique que seul des sports comme le VTT ou le ski m'ont à ce jour apporté, nous repartons pour la vraie difficulté du parcours, le
retour vers le col des replats. Les chiffres parlent d'eux même, 100m de dénivelé sur les 700 premiers mètres d'ascension. Autant dire que cette montée, terrible à négocier, se transforme en
véritable chemin de croix pour notre ami Daniel. Nous le retrouverons au sommet, blanc comme un linge et seul notre esprit de franche camaraderie lui dissuade d'un retour solitaire à la
maison.
Rien de tel que mon fameux petit single du Vallon des trois termes et la tranquille descente du Ravin du Mal Infernet, négociés en douceur et saupoudrés de quelques blagues de
mecs, pour remettre un peu de beaume au coeur et redonner des couleurs à Daniel. Dès le début de la montée tonique du Ravin des Lentisques, Cyril le prend en main en lui prodiguant les
conseils techniques et mentaux essentiels à une ascension sereine et efficace. Tout y passe, Changements fréquents de vitesses pour réguler le coup de pédale, récupération dans les zones plus
facile, accélération courte et rapide pour passer les difficultés, regard au loin pour anticiper les alèas du terrain, coup d'oeil sur le Polar pour sentir son corps, et au final nous
retrouverons un Daniel, au col de l'Evèque, à peine essouflé, rassuré et soulagé. Cyril répète son coatching gagnant dans tous les secteurs montants du reste de la balade, que ce soit dans
les petites ruelles sinueuses et vallonnées de Miramar ou dans la montée du Col de Théoule. Pour ma part, je me finis dans de belles courses poursuites avec Gérard dans la descente
d'Ushuaia, la rampe du port de la Rague et les épingles du San Peyre.
Une randonnée de 36kms et 960 mètre de dénivelé pour finir un bel samedi après midi plein d'émotion enjoué par le sourire final de Daniel...
Profil de la randonnée
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