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Quand je serai grand, je voudrai faire du VTT comme Gérard ....
Flashback
Dimanche 02 mars, 5h30 du mat'
La crève que je me traîne depuis quelques jours me ruine la tête et m'a mis les boyaux en vrac, j'ai la voix d'un Rambo sexagènaire, au moins, je ne balancerai pas mes blagues à 2 balles
aujourd'hui.
Le café a du mal à passer ce matin, je crois que la Bigreen va vraiment me faire mal cette année. Et cette satanée déchirure au mollet qui m'a contraint au repos forcé la semaine dernière me tire
toujours autant. je colle quelques bandes d'élastoplaste dessus sans vraiment y croire.
Je crains surtout le portage du Tanneron, je remonterai peut être en bus ...
Non, j'entends déjà les reflexions de Daniel et Thierry, ce sera pire que la douleur ...
7h00, j'arrive sur notre lieu de rendez vous, Thierry m'a déjà appelé sur le portable, il est toujours stressé notre "Gentil Organisateur" au moment du départ. A voir leurs têtes quand je sors de
la voiture, je comprends qu'il se sont rendu compte de mon état de fébrilité. Nous chargeons les bagnoles et partons en direction de Mons. Heureusement, le temps est annoncé beau et chaud et le
magnifique soleil qui nous accueille dans ce magnifique petit village de l'arrière pays Varois me fait chaud au coeur.
8h30, c'est parti, avant l'arrivée des cars, à nous les petits sentiers ...
Thierry est équipé de sa petite caméra, je suis chargé de faire le lièvre. Je tousse, racle, crache, j'ai encore les tripes noués, la jambe me tire, il faudra quelques kilomètres pour
chauffer le muscle et me détendre.
Les premiers chemins descendants arrivent vite et les sensations avec. Je pars devant et commence à me libérer.
Non les p'tits biloutes, le vieux lion n'est pas mort, cinquante ans au compteur et vous ne verrez que ma roue arrière, enfin je l'espère!
- Jeff, ça va mieux que la semaine dernière
- Oui, j'ai fais un débrief toute la semaine avec mon moral, aujourd'hui ça va donner ...
Je me suis bien éclaté dans le sentier, dommage qu'il y en aie un qui se soit arrêté au
plein milieu de la piste, il pourrait se pousser au moins !...
- Allez Daniel, ne décroche pas là, appuie sur les pédales
- Mais il y a le vide là...
- qu'es vide, change tes rapports avant et tu passes ....
- Ca va Gé, la jambe elle tiens, on est bien là en pleine nature ....
- Oui, Thierry ça va mais arrête de parler de moi comme çà, les autres vont être jaloux, c'est génant. et pour parler du paysage t'es meilleur que moi, c'est toi le "poüet" de l'équipe ...
- bon ok je reprends la main, mais la gamelle finale je te laisse la raconter, t'étais aux premières loges ....
Je suis d'acccord pour raconter la nature que l'on a
traversé durant ses 55 kms de randonnée, mais faudrait il encore que j'aie eu le temps de l'admirer.
La succession de petits sentiers techniques et de pistes roulantes ne nous ont pas permis de tellement flâner en route. Quelques moments fûrent tout de même de toute beauté. La voie
romaine au sortir de Mons, creusée dans la roche où le chemin sinuait, sauvage, un vide impressionnant d'un côté, de hautes parois blanches et lumineuses de
l'autre.
les reflets d'émeraudes des eaux de la Siagne qui s'évadaient tranquillement en contrebas d'un petit sentier boisé virvoltant, ton péché mignon mon ami Gérard !.
Les milles feux d'un jaune éclatant qui embrasaient le Tanneron sous ce soleil presque printannier.
C'est vrai que cette balade est mémorable, elle nous réserve toujours des joies intenses mais aussi quelquefois de petites frayeurs. J'étais seul au monde dans ce petit single dans les bois au
dessus de St Cézaire. La caméra ne tournait plus, j'avais pris un peu d'avance sur mes compagnons. Etroit, technique, un sol terreux d'une grande douceur, contraste étonnant avec les
sentiers accidentés que l'on trouve à quelques kilomètres de là, dans l'Esterel. Des épingles serrées plongeant vigoureusement au travers des branchages. Une à droite, j'engage la roue
avant, la libérant délicatement avec un freinage bien dosé, je cherche le point d'équilibre, un petit coup de rein et je lève la roue arrière pour la mettre dans le sens de la descente,
comme dans les livres et ça marche, une première, deviendrais-je bon ?, aurais-je louper ma vocation?. La suivante tourne à gauche, ce n'est pas mon côté, je la passe, peinard, à
l'ancienne mais sur le VTT tout de même. La prochaine, je remets ça c'est promis, c'était trop bon. Elle arrive, devant mes yeux, je la fixe, la défie, je serai ton maître. Le pneu avant
s'engage plein de confiance, la trajectoire semble bonne, je me concentre sur les pédales, prêt à bondir et ... en une fraction de seconde le guidon se mets de travers et je m'écrase
lamentablement, face contre terre, les narines aspirent la poussière, la bouche se remplit soudainement de cette substance que je trouvais si douce auparavent. Seul au monde, oui, mais sur le cul
avec mon beau vélo en vrac dans les buissons.
Allez Gérard, avant de te redonner la plume pour le final, je sais que, sur mon insistance, tu as laissé un peu de ton amour propre sur les pentes nous emmenant à
Tanneron. Toi le grand G, prendre la route pour rejoindre le village, qui l'eu cru !, mais se faire le sentier et son gros portage n'aurait pas été raisonnable pour ton
mollet. Nous n'avions pas envie de nous priver de ta compagnie pour les dimanches à venir. Et puis ce n'est pas comme si tu avais pris le car... les sept kilomètres d'asphalte,
faut quand même se les grimper....
- Bon si tu y tiens, je vais essayer de la finir ta balade...
Pour commencer une belle montée au Grand Duc par des petits sentiers très toniques que nous connaissions pas. je pose le pied à terre de temps à autre, uniquement parce que d'autres concurrents
me gènent et aussi pour rester avec Daniel et Jeff...
- ça va le Muppets Shows, Non Jeff tu n'es pas tout seul ...
Yves et Thierry filent devant, normal ils sont jeunes ...
A nouveau, petits singles et grandes pistes pour commencer la descente, avec Thierry nous dévalons comme des fous, jouant des freins pour glisser dans les courbes.
Dans un large virage, des flèches nous indiquent de descendre le talus. Je m'approche et sans vraiment avoir repérer la trace, je m'engage, fais une trentaine de mètre au travers des
ornières et me prend une gamelle ....
- P......, fais C....., ça passe là ...
Les yeux à peine relevés, j'aperçois Thierry, sur la gauche, perdre l'équilibre. Un pied au sol il part, avec le poids du VTT, dans une
roulade sur un amas de pierres, de ronces et de branches, le vélo vole par dessus le bonhomme, le bruit du casque qui cogne les rochers, le regard dubitatif et inquiet de nos
compagnons, resté au sommet de la pente. Là mon garçon, tu ne pouvais pas passer.
- Wouahh, ça fait longtemps que j'en ai pas pris une aussi belle ...
Cette phrase et son sourire nous rassure rapidement, nous avons eu chaud cette fois, a peine quelques égratignures.
La fin de la balade sera moins "drôle", une crevaison que je peine à réparer, Jeff qui casse sa chaine et un sentier étroit et trop encombré pour être plaisant.
Le sourire de ma petite femme et l'enthousiasme de mon minot, les yeux perlés de fierté nous accueillent à l'arrivée d'une journée mal commencée mais au final magnifique.
Quand je serai grand .... je ferai du VTT comme Papa
(profil)
La vidéo suivra dans la semaine ....
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