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Waouh ..., quelle matinée, les petits sentiers ombragés de la Valmasque défilent à toute vitesse, je suis Gérard comme son
ombre, une pierre par çi, une épingle par là, je survole les racines, les relances sont énergiques, les dérapages vigoureux, les roues frôlent les arbres avec justesse, les grillons du
moyeux Hope se mêlent avec bonheur aux chants des cigales. Allez! une dernière descente avant de rentrer, une petite merveille qui slalom entre les chênes. Dans les premières marches
rocheuses, la roue arrière touche à peine le sol, une agréable sensation de légèreté m'envahit, quelques virages en dévers, un petit goulet et dernière série d'épingles avant le
mur final, la trajectoire est limpide, je glisse sur un miroir de feuilles mortes évitant le petit bosquet de noisetiers qui se dresse devant moi, encore une vingtaine de mètres
que Gérard négocie avec falicité, mes crampons accrochent tant bien que mal sur ce sol terreux et friable, une seule option pour cette dernière folie de la journée, se laisser aller, tous
freins bloqués, jusqu'à l'arbre qui marque l'arrivée de cette grosse montée d'adrénaline ....
Une fraction de seconde d'inattention, la roue avant s'échappe et soudain, un violent éclair lumineux m'eblouis, une porte s'ouvre violement et me sors de ma torpeur nocturne, ce
n'était qu'un rêve, toujours le même, toujours cette même fin qui me suit toutes les nuits.
Une fois de plus, je l'aperçois devant moi, l'air absent, cherchant l'énergie vers d'autres occupations. je n'ose même pas le regarder tant je me sens responsable de cette détresse
morale qui l'envahit jour après jour, je ressens ses douleurs, vis ses doutes, crie son ennui mais il ne m'entend plus. Nos sorties hebdomadaires me manquent tellement, les folles
virées avec les copains, les blagues, la bonne humeur et ces instants magiques où l'homme et la machine ne font plus qu'un. Malheureusement, depuis notre dernière séparation, je
suis coincé dans cet espace eclairé par la seule lumière du jour, à l'air vicié par trop de
chaleurs et de poussières, encore recouvert de la saleté de notre ultime périple. Mon voisin de chambré n'a pas l'air vraiment plus joyeux que moi. Certes il reprendra la route
avant moi, histoire de participer activement à la ré-éducation, mais il trouve aussi le temps long. Il imagine certainement tous ces collègues qui vont sillonner, cet été, le bitume de
la région, et en cette période de Tour de France, il doit se remémorer l'époque, encore récente, où l'on voyait sa belle livrée Discovery Channel regner en maître sur les routes de
la Grande Boucle. Nous avons tout deux connu notre heure de gloire mais aujourd'hui, l'ombre a déposé ses valises pleines de souvenirs et de regrets pour remplacer la lumière.
Heureusement, au milieu de toute cette morosité, il y a Joséphine, ma douce Joséphine. Dès les premières heures de solitude, elle m'est apparue, avec son regard plein de tendresse et ses quatres
paires de longues jambes, tissant sa majestueuse toile autour de ma belle tunique blanche, se jouant avec habilileté de mes rayons et m'enveloppant de la douceur de sa soie
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Les états d'âmes d'un VTT ....
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