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The Muppet Show ...

Un Dimanche de Neige
dans l'Esterel ...
Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /2009 15:44

Mais qu'arrive t'il aux LB, pas de nouvelles durant plus d'un mois, il y aurait-il une brouille qui plane au dessus des sommets de l'Esterel ?
Non, mais je suis atteint du syndrome de la "Page blanche" ou de "l'écran noir". En un peu plus de trois ans, j'ai usé tous les synonymes de montée, descente, sentier, chemin, effort, et autre difficulté, sans parler de tous les superlatifs pour décrire la beauté de notre petit coin de Terre, je commence simplement à coincer. Dans une histoire, vous avez toujours un début et une fin, je crains que ce soit le début de la fin ... 
De plus, entre les spectacles de fin d'année scolaire, les invitations dominicales, les anniversaires des enfants et tous les évènements festifs que les premiers vrais rayons de soleil et la douceur des soirées estivales font eclore, le mois de juin est vraiment une sinécure pour les escapades entres copains.
Chacun trouve tout de même le moyen de s'échapper quelques heures, histoire de garder un peu la forme et de ne pas commencer le mois de juillet avec des cuisses Hollywood Chewing-gum, un petit footing par semaine et une rapide virée le samedi matin dans la Valmasque pour Phil, Gé et Jeff, quelques sorties route pour Yves, les habituels aller retour au travail pour Dan et pour ma part, j'ai troqué le Méta pour le Trek et je suis parti à la découverte des petites routes départementales de la région ...

Ce n'était certainement pas le moment de mollir, car en ce début Juillet, un gros Week End nous attend,
- Allez Méta, on se réveille, c'est l'heure de reprendre du service, aujourd'hui nous partons à la découverte d'un nouveau sport et d'un nouvel univers, le Mountain Bike dans la vallée de Tende ...
L'an dernier, Jeff et Yves étaient revenus comme envoûtés par l'ombre des sommets qui bordent la célèbre Vallée des Merveilles. Cette fois, Gé et moi décidons de les accompagner dans cette nouvelle aventure.
Vendredi 03 juillet, 17h,  Yves passe me prendre à la maison, juste le temps de charger la voiture et d'accrocher un Méta rutilant aux côté d'un Sunn étincelant, Qu'il y a t'il de plus beau qu'un Vtt blanc ??, deux Vtts blancs ... et nous rejoignons Jeff et Gé pour prendre la direction de Tende. Deux petites heures de route dans une vallée que je ne connais pas, à tel point que j'ignore totalement que nous devons passer en Italie et tel un blaireau de base, j'ai oublié mes papiers d'identités. Enfin je ne suis pas le seul à avoir oublier quelque chose d'important ce soir,
-Allez Thierry, tu as promis de ne pas en parler, ce n'est pas sympa de se moquer des copains ...
Nous passons la douane sans encombre et je découvre une route magnifique, entres falaises et rivières, parsemés çà et là de petits villages accrochés à flanc de montagne. Je suis toujours émerveillé par ces constructions et je ne peux qu'imaginer avec admiration le travail et l'ardeur de ses bâtisseurs d'une autre époque. Je rigole quand je vois ces reportages sur les supers chantiers d'aujourd'hui, Dubaï, Les Emirats Arabes, les grattes ciels des certaines Mégapoles qui dénaturent notre planète à grands coups de buldozers et de mains d'oeuvres pas chers. Mais oublions quelques heures le côté obscur de l'homme ... Luke, je suis ton père ... pour croquer à pleines dents les moments de plaisirs qui nous attendent.
19h30, nous arrivons au camping de Madame Françoise où deux petites chambres ont été réservé par Jeff. Les Vtts sont remisés dans une pièce fermée, nous commençons à déballer nos affaires en pensant à la bouffe de ce soir lorsque Gé débarque le sourire crispé et soucieux, 
- Les gars, j'ai oublié mon Camel back !!... 
Ce n'est pas moi qui l'ai dit ...
Pourtant Jeff nous avait bien prévenu, là haut, le gros problème c'est l'absence de point d'eau. Comment trouver un sac à dos, un vendredi soir, à tende ??, une seule solution, Jean Marc le sympathique patron du Café des Sports ...
Nous débarquons à quatre dans ce bistrot de village. Même si Jeff et Yves  y avait bu quelques mousses l'an dernier et demandé des conseils sur les parcours à faire à ce vrai montagnard, on ne peut pas dire pour autant qu'ils soient familiers des lieux. Avant même de commander la première tournée, Yves se lâche et tutoie notre ami Jean Marc ...
- Tu n'aurais pas un Camel Back à nous prêter  ...
et comme par miracle le sac arrive  avec les premières bières. il s'ensuit une discussion sur les pistes à prendre ou à ne pas prendre. Apparemment, l'hiver a été très rude, beaucoup de chutes de neige qui ont occasionné de gros dégâts dans les bois du massif. Carte sur table, il nous trace, avec toute sa passion, les balades a essayer, ce type est une véritable bénédiction pour les petits gars de la ville.
Après une bonne assiette de pâtes nous retrouvons nos pénates, partis pour une nuit pleine des rêves promis par Yves pour le lendemain.

Samedi 04 juillet, 6h00, le réveil sonne, j'émerge avec difficulté, peu de changement avec l'horaire habituel, à peine 15 mns de sommeil en plus. Nous avons réservé le p'tit dej à Françoise pour 6h30, Croissants chauds et pain frais et café n'attendent que nous. Le temps de se préparer et nous récupérons nous montures ...
-  Ca va Méta, bien dormi?
- Les frères Cannondales ont bien ronflé, mais la nuit fût de tout de même assez douillette ...
Nous partons en direction du col de Tende (1871m) vers 7h30, une bonne demi heure et deux frontières plus loin,  nous arrivons à notre point de départ. Immédiatement c'est l'émerveillement. J'avais oublié combien la montagne était belle. Je suis pourtant un enfant de la balle. Jurassien d'origine et élevé  au travers des récits d'un père féru de haute montagne qui ne manquait jamais de nous faire vivre une partie de sa passion durant les vacances d'hiver ou d'été. Militaire dans les Chasseurs Alpins à Barcelonnette, habitant de Morzine, Tignes, Annecy ou encore Annemasse avant de poser mes valises sur les bords de la méditerranée, j'avais remisé au fond de ma mémoire cette attirance pour ces paysages escarpés.

Quelques minutes de préparation et de décontraction avant d'attaquer les choses sérieuses. Des passages nuageux voilent notre champ de vision et transforment les crêtes en formes fantomatiques (Photo), le temps est à l'orage, il va falloir se méfier. En montagne, il faut toujours être rentré avant 15h, dixit mon expérimenté Padré. Nous comblons tranquillement les quelques mètres qui nous séparent véritablement du col en admirant la vallée de Limone, petite station Italienne dont les remontées flirtent avec la frontière. La tendance est vraiment à la balade et à la découverte. Nous prenons la direction de la Baisse de Peïrefique (2040m), rencontrons deux troupeaux de jeunes génisses et de taurillons piémontais (photo), pas vraiment effrayés par notre présence. Quelques photos au niveau du Fort de la Marguerie, dominé par les 2755m de la Roche de l'Abisse et nous suivons un panaché de routes de montagnes et de pistes pour rejoindre la Baisse (photo). Nous ne montons que de 250m en 8kms mais sentons immédiatement les effets négatifs de l'altitude, la respiration est limitée, les efforts plus difficiles, nous ne sommes qu'à 2000m mais vu que nous arrivons du niveau 0, l'adaptation n'est pas aisée. Moi qui pensait tenir une belle forme, j'ai l'impression de pédaler dans la choucroute. Seul Gé semble ne rien ressentir, il roule avec sa souplesse habituelle, nous largant un peu plus à chaque coup de manivelle.
- David Vincent n'est le seul à les avoir vu, les envahisseurs sont bien parmi nous, le nôtre n'a pas le petit doigt façon "cage aux folles" mais trois poumons ...
Heureusement nous évacuons douleurs et difficultés en regardant de tous bords la beauté du paysage, entre pâturages et mélèzes. Seul quelques Blockhaus viennent gâcher cette vision de paradis (photo), encore les hommes ...
Nous poursuivons la piste jusqu'à la Baisse d'Ourne, dominant de plus de 500 mètres le petit village de Castérino, porte de la Vallée des Merveilles et notre futur destination.
- Yves, c'est où la piste ? 
- Là dessous !!
- Mais, il n'y a que des pâturages
- et alors ! c'est tout droit et attention aux trous de marmottes ...
J'avoue que les quatre cent mètres qui suivent sont un grand moment de Vtt, n'est ce pas Méta !, nous dévalons au milieu des gentianes (photo), en totale liberté, à chacun sa trace, un coup de frein sur l'herbe mouillée, la roue arrière s'échappe sur la droite, je relâche, freine à nouveau pour sentir le vélo partir coté gauche, j'ai l'impression de godiller avec mon Vtt, c'est tout simplement fantastique ...
Nous retrouvons le sentier à la lisière du bois de Gallinon, dans un premier temps facile et très agréable, il devient rapidement tortueux, sinueux et difficile à appréhender, les roches sont humides, glissantes, les racines font preuve d'une traîtrise redoutable (photo). je descends la selle, détache les pieds mais ça ne suffit pas à me rassurer, Gé se prend une pelle devant moi, éclatant au passage une branche avec la nuque. Beaucoup de secteurs sont face à la pente et là j'avoue que depuis mon "Black Day", une peur primale m'envahit et me fait perdre tous mes moyens, Dur Dur !! pour une première descente. Nos Vtts ne sont pas vraiment adaptés pour ce type de terrain et Seul Yves avec son Sunn Kern s'en sort avec les honneurs et semble s'éclater, Jeff dévale en force , les jambes écartées pour garder l'équilibre, "The Jeff Touch", le regard de Gé en dit long sur ses doutes, avec ses chaussures rigides, ses pédales de Cross country et son débattement limité, c'est un peu chaud de descendre des pentes si raides. 
- C'est ça le Mountain bikes, nous crie Yves avec la banane aux lèvres.
- Si j'avais su, j'aurais pas venu, me souffle discrètement Méta ...
Heureusement nous arrivons rapidement aux termes de cette folie douce, pas de doute, il fallait en avoir une bonne dose ...
Nous rejoignons Castérino en longeant le ruisseau de la Valmasque, c'est bizarre, j'ai l'impression d'avoir déjà entendu ce nom !!!. Une petite pause encas pour nous remettre de nos émotions et surtout pour préparer la longue ascension qui nous attend pour remonter aux Baisses de Peïrefique et d'Ourme. Neuf kilomètres et 500m de dénivelé sur une petite route de montagne, le paysage est toujours aussi beau et le souffle aussi court. La chaleur joue aussi son rôle et seul la traversée de quelques névés, vestiges de grosses avalanches hivernales, nous rafraîchit. Je monte tranquille, en compagnie de l'ami Jeff et prends le temps d'admirer les vallées, les alpages et les forêts (photo). La montagne, ça se gagne ...
Nous retrouvons la Baisse d'Ourme après plus 1h30 d'efforts assez soutenus, reste encore la dernière difficulté du jour, le retour vers Tende. Le vallon de Dente, une descente de 1000m de dénivelé en moins de 5kms, pas besoin de faire un croquis, ça va dévaler sévère. Le début se trouve juste sur le versant opposé de la descente vers Castérino, avec le même type de pâturage pour commencer. Nous nous arrêtons à mi pente pour une pause casse croute salvatrice, à proximité d'un superbe champs de chardons bleus (photo). A peine avalé, des nuages menaçants viennent nous envelopper de leur couverture humide, il est d'y aller. Encore un petit coup de prairie et de godille avant d'arriver dans un secteur qui ressemble beaucoup celui du Bois de Gallinon, il risque d'être long ce retour au bercail (photo).
- Allez y, ça passe sur le vélo, nous jette Yves
- Ca passe aussi à pied !! ...
Heureusement, le terrain devient rapidement plus souple, mélange de terre et d'épines de sapins,  avec des dizaines d'épingles,  à vous donner le tournis. Une maille à l'endroit, une maille à l'envers, je tricote une belle partie de trial avec la montagne. J'essaye de tout passer sur les pédales et suis finalement assez fier du résultat. Gé, qui s'essaye avec la selle baissée ne connait pas la même réussite et ne prend aucun plaisir. En 13 ans, je ne l'ai jamais vu aussi mal à l'aise et agacé.
- Dan, sort de ce corps !!, je comprends mieux maintenant ce qu'il vit tous les dimanches, nous souffle t'il ...
Il finit par remettre sa position initial et retrouve rapidement son rendement habituel, malheureusement un peu trop tard, la partie la plus marrante est déjà derrière nous. Nous arrivons sur l'un des trous du Golf de Viévolia, finissons les derniers kilomètres par la route et nous attablons à la terrasse de l'ami Jean Marc pour une bière bien fraîche. 4h40 pour une sortie de 37 kms et 895m de dénivelé positif et surtout 1830m de négatif, pas de quoi frimer devant les spécialistes du coin,  je ne sais pas si je dois la rentrer dans la catégorie balade ou promenade ...
Nous arrivons au camping vers 13h, le temps que Yves et Gé remontent chercher la bagnole au col de Tende et que Jeff et Moi entamions une bonne sieste, l'orage envahit la vallée, des trombes d'eau s'abattent sur Tende durant plus de 5h, nous privant de la visite du village, encore une fois, mon paternel avait raison, la montagne après 15h, ce n'est pas gagné, il faut toujours écouter les anciens ...
Dimanche 05 juillet, 6h00, le réveil sonne à nouveau, la nuit fût  plutôt agitée et les paupières sont lourdes.  Comme la veille, Françoise a parfaitement tout préparé, nous libérons les chambres après le café du matin, chargeons les voitures et repartons pour le Col de Tende pour une nouvelle virée ...

Cette fois, le ciel est complètement dégagé et nous ouvre de nouveaux horizons. Aujourd'hui ce sera la route du sel, avec quelques variantes indiquées par Jean Marc pour éviter les sentiers impraticables. A l'inverse d'hier, au col, nous bifurquons sur la gauche, direction le Fort Central (photo) et les hauteurs de la station de Limone (photo). J'ai l'impression que l'altitude fait moins de dégâts à l'organisme.  Nous profitons d'un joli névé pour faire quelques tours de roues sur la neige, des vrais gamins (photo). La piste est belle mais très sinueuse et avec de forts pourcentages, nous la voyons s'élever devant nos yeux, ce qui n'est jamais très bon pour le moral. L'ascension se fait côté Italien, avec une vue imprenable sur le plus haut sommet des Alpes Piémontaises, le Mont Viso (3841m). Nous mettons une bonne heure pour arriver au bout de la piste et poursuivons par un étroit sentier que nous montons par prudence à pied (photo). Les barrières rocheuses que nous dominons ne nous inspirent aucun excès de zèle. Nous arrivons au pied de la Cime du Bec Roux (2214m), Point culminant du jour. Une très belle traversée d'alpage nous attend (photo), et comme hier, le paysage est verdoyant, flamboyant, des montagnes à perte de vue. Seul le sifflement des marmottes et le cri des choucas viennent troubler le silence des Alpages. Nous basculons ensuite côté français pour découvrir les  46 virages de la vieille route du Col de Tende (photo), 7.5 kms et 800m de dénivelé, pas loin de 11° de moyenne. Dire que le tour de France est passé par là en 1952 et en 1961, il fallait vraiment être costaud. La descente vers le fort Tabourde est rapide et sécurisante, une large piste entre herbe et terre, mais encore une fois nous préférons la jouer tranquille et profiter du panorama (photo), après tout nous sommes venu là pour çà. La suite sera beaucoup plus délicate à passer. Nous alternons de petits sentiers de montagne étroits à flanc de côteaux, des descentes de ravines et des dévers schisteux instables et humides. Nous devons fréquemment poser le pied pour éviter la chute. La sensation de vide est présente en permanence, l'atmosphère quelque peu tendue. Le chemin que je vois, tout petit, en contrebas, n'est pas plus large une fois dessus (photo). Yves nous ouvre la piste mais on ne sent pas la même confiance que dans les lacets du Vallon de Dente, c'est un autre monde. Gé, par contre, semble presque plus à l'aise qu'hier, pieds attachés, selle haute, il ne semble par trop affecté par le gaz, ce type vient vraiment d'un autre monde. Jeff et Moi profitons d'un passage un plus large pour jouer les touristes et nous décontracter en jouant de l'appareil photo. Je ne suis pas trop sujet au vertige et à la peur mais j'avoue avoir eu les tripes nouées durant une bonne heure et demi. Heureusement, la pause casse croute est un émerveillement, un petit ruisseau en cascade à l'eau claire et fraîche nous offre un havre de tranquillité (photo). Une halte qui s'éternise, nous contemplons le sentier que nous avons parcouru, 300m plus haut (photo), et aucun d'entre nous n'a vraiment envie de retourner sillonner les raides pâturages qui nous attendent encore ...
La lisière de la forêt nous apporte un peu de sérénité et de belles photos. Nous lâchons enfin les freins dans les bois qui nous ramènent au dessus de tende, une rapide descente où la moindre erreur de trajectoire peut s'avérer très douloureuse (photo). Nous finissons enfin cette matinée de Vtt par une belle piste en pierre (photo), accidentée avec de grosses marches, un rapide slalom entre les caillasses qui nous rappelle le pays ...
Au final, aujourd'hui, nous n'avons parcouru que 21 kms, 500 m de dénivelé positif et près de 1500 de négatif, le tout en .... 3h40mns, qui a dit que nous étions là pour battre des records.
Yves et Gé retournent à nouveau chercher la voiture, privilège des anciens, Jeff et moi sommes trop jeunes pour avoir le permis. Assis à la terrasse de chez Jean Marc nous refaisons ces deux journées autour d'une mousse, ça nous avons le droit. La beauté des lieux, les images qui se reflètent encore dans nos yeux, l'ambiance généreuse de quatre potes en vadrouille, mais un constat s'impose tout de même ...
- Méta et les Frères Cannondales, vous n'êtes vraiment pas fait pour le Mountain Bike
- Et toi, tu n'as ni la technique, ni le mental pour les sentiers engagés, en clair tu n'es pas le "roi de la montagne" ...

(Diaporama)

 

Par Laurannis - Publié dans : Les Autres Régions - Communauté : VTT sur la Cote d'azur
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