7h00, le réveil m'extirpe de mes songes bien douillets, je dresse une oreille, le vent souffle en rafales et j'entends
quelques gouttes rebondir sur le toit, super ce matin je reste au lit. La météo a annoncé un froid de canard et je n'ai pas franchement envie de passer la matinée avec le bout du nez gelé, mes
gênes de jurassien s'étiolent de plus en plus au fil des années. Par acquis de conscience, je jette un oeil dehors, le geste de trop, j'ai dû rêver trop fort, le sol n'est pas
mouillé ...
Le thermomètre annonce un petit 0°, c'est encore à la limite du raisonnable, je me motive à grands coups de café noir, une petite pensée pour Jeff et Gé, partis courir les 10 kms
de Nice et je finis par rejoindre Guillaume "La Gazelle" et Yves qui a dessiné le programme du jour. Il n'a de cesse de dire que nous allons le maudire, ça promet de belles douleurs en
plus du froid et de la boue. Tiens, le mercure a basculé du côté obscur, -2° et le vent glacial qui nous transperce ne devrait pas inverser la tendance ...
Allez un peu de courage, pédaler avec vigueur nous réchauffera certainement. Nous partons de Fréjus aux alentours de 9h00, direction Bagnols en Forêt, ses Meules et son
Oppidium ...
Le terrain oscille entre le très gelé et le très boueux, pas facile dans les premières rampes
soutenues de la journée, un vrai exercice d'équilibre entre les ornières. A mi pente, nous retrouvons notre ami Gérald, le gardien de ce territoire sauvage et escarpé. Après une douzaine de
kilomètres d'ascension et 1h20 d'efforts assez intenses, nous arrivons au Col de la Pierre de Coucou.Commence ici la partie touristique de la virée, un portage dans les rochers, StarTrek sur
l'épaule, d'une dizaine de minutes et nous arrivons enfin aux fameuses Meules ...
- Gérald, C'est quoi ces Meules ???
- C'était une carrière de roues pour les pressoirs à olives ou à farine.
- Mais il fallait être malade pour venir tailler, dans un endroit pareil, ces énormes blocs à même la Ryolithe. Comment faisaient-ils pour les descendre ces roues de plusieurs
tonnes dans ces petits sentiers, surtout qu'entre l'âge de fer et le XVIII siècle, les moyens de transport n'étaient pas au top.
- Ils n'avaient pas de pétrole mais des idées, nos ancètres ...
- Regardes, Boss, on dirait le premier prototype de Vtt de chez Lapierre!!
- Pas mal Trek, tu te lances dans l'humour, à quand un One Man Show ?
- Pas aujourd'hui, ça "meule" trop ici bas, -4° j'ai la graisse qui fige ...
Nous continuons la visite avec l'Oppidium, à quelques tours de roue de là, forteresse Celto Ligure pour Yves
(Gauloise pour nous autres illettrés) . Ce site de surveillance a été occupé de la période du Bronze Ancien (donc de 1800 à 750 avant J.C) jusqu'à la fin de l'âge du Fer (50 avant J.C,
conquête romaine).
Mais retournons à nos moutons, ah non!!, je suis un peu en avance sur cet épisode, mon dieu quelle matinée ..., après ces quelques minutes culturelles, fort
agréable du reste, nous repartons nous réchauffer un peu sur des petits sentiers très toniques. Mi-neige, mi-glace, mi-boue, Tiens il y a un mi de trop, pas grave, j'ai
toujours été mauvais en solfège!!, le tracé nous met à rude épreuve, Les dérailleurs embourbés gèlent, ce qui rend difficile le passage des vitesses et altère grandement nos
performances, le bidon de flotte est aussi pris en glace, du jamais vu par chez nous. Par contre les descentes sont superbes, certes un peu glissantes mais très techniques et
l'atmosphère trés troublante, j'ai même cru voir un pin me jouer un tour de con, ce n'est vraiment pas une balade comme les autres.
Nous quittons Gérald, juste avant d'attaquer le sentier de l'église des Païens et nous arrivons à l'épisode le plus pittoresque de cette folle journée, les moutons ...!!, deux braves bêtes,
certainement une mère et son petit qui nous coincent sur le petit sentier. Un coup à droite, deux coups à gauche, pas moyen de les passer, ils s'affolent et accélèrent dès qu'ils
sentent nos roues frôler leur derrière. Un petit jeu qui dure cinq bonnes minutes avant d'enfin pouvoir profiter d'un passage un peu plus large pour filer comme des boulets,
des fois qu'ils nous rattrapent et nous dépassent à leur tour...?, c'est parfois joueurs ces petites bêtes ...
Le retour vers Fréjus nous permet d'apercevoir les superbes gorges de Blavet, c'est vraiment une très belle région et même si je commence vraiment à être dans le "dur", je
trouve cette sortie de toute beauté. Tout y est, la difficulté du tracé, la qualité des descentes, la beauté des paysages et la neige pour finir, et comme nous dit notre
copain Guillaume,
- On est malade de rouler dans de telles conditions mais on se sent tellement privilégié de le faire dans un tel cadre ....
Ne t'inquiète pas, Yves, ce n'est pas encore
aujourd'hui que l'on va te maudire, par contre, la prochaine fois, rajoute quelques degrés et enlève un peu de boue ...
Quand à Jeff et Gé, ils ont couru leurs 10 bornes sur la promenade des Anglais en 50 mns, une vraie promenade de santé par rapport à cette sortie dantesque de 35kms, 980m de D+,
parcourues en plus de 4 heures
...
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Justement, un vrai petit lac se présente sous mes roues, j'attaque en douceur et
m'arrête en plein milieu, déséquilibre de mon pilote qui se retrouve les deux pieds dans l'eau, voilà mon Coco, nous sommes quitte!!!.
C'est un petit matin brumeux et une température encore fraîche pour la saison qui nous attendent ce
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